Une personnalité et une institution récompensées «pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l’homme et pour avoir posé les fondements pour les mesures nécessaires à la lutte contre ces changements», a déclaré à Oslo le président du comité Nobel, Ole Danbolt Mjoes.
Si le nom de celui qui fut le collaborateur de Bill Clinton est internationalement connu, celui du Giec l’est moins.La décision du comité des Nobel est d’autant plus symbolique que se tiendra, du 3 au 14 décembre, la conférence de Bali, un rendez-vous international destiné à jeter les bases des prochaines politiques de réduction des gaz à effet de serre. De la part du jury, cela ressemble à un coup de pouce au clan écologiste, dont Al Gore est devenu l’une des figures les plus médiatiques, comme le montre l’intérêt que lui accordent les politiques, soucieux de souligner leur engagement pour la planète. Quelques jours à peine après avoir été nommé ministre français de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, Jean- Louis Borloo s’est empressé de rencontrer l’Américain.
Il faut dire que l’implication d’Al Gore sur ces sujets ne date pas d’hier. Et qu’il a su faire preuve d’une force de persuasion étonnante. Dans son dernier livre, Donner (éd. Odile Jacob), Bill Clinton reconnaît que son ancien vice-président l’a convaincu de l’urgence environnementale. Aujourd’hui, la lutte contre le réchauffement climatique est l’une des missions de la fondation Clinton. Après sa défaite à l’élection présidentielle en 2000, Al Gore, infatigable conférencier, se met à arpenter les routes américaines. Pendant cinq années, il parcourt les Etats-Unis pour convaincre les foules de la véracité du réchauffement climatique. Al Gore est un orateur drôle, pertinent. Afin de montrer à quel point la concentration de CO2 dans l’atmosphère a augmenté pendant la deuxième moitié du XXe siècle, il utilise un chariot élévateur qui l’emporte à plusieurs mètres du sol. Ses conférences sont filmées et donneront lieu au film de David Guggenheim, Une vérité qui dérange, projeté l’année dernière en France, dans lequel Al Gore joue son propre rôle. Il se livre un peu, explique beaucoup. Certaines des images qu’il montre font le tour du monde. C’est le cas d’une simulation dans laquelle une bonne moitié de Manhattan se retrouve sous les flots à l’horizon de 2050 ; où les Pays-Bas sont submergés, tout comme le Bangladesh. Ces images interpellent la population, alors que le cyclone Katrina vient de ravager la Nouvelle-Orléans, et que la Grande- Bretagne s’apprête à vivre des inondations d’une ampleur jamais connue auparavant.
Dans le grand nord, les communautés de l’Arctique font partie des populations les plus touchées par le réchauffement climatique. Dans les régions polaires, l’élévation des températures est plus rapide qu’ailleurs. Ces derniers jours, le nom de Sheila Watt-Cloutie, représentante inuite, était souvent cité pour le plus prestigieux des prix Nobel. C’est finalement le Giec qui sera le corécipiendaire d’Al Gore. Ce comité réunissant des scientifiques du monde entier est chargé de faire l’état de l’art de la connaissance scientifique dans le domaine du climat. Ses dernières conclusions, rendues publiques cette annnée, sont inquiétantes et qualifient de «très probable» le lien entre activité humaine et réchauffement climatique. Depuis quelques jours, plusieurs noms circulaient, parmi lesquels celui de l’ancien président finlandais Martti Ahtisaari. Comme toujours, le comité des Nobel a entretenu le suspens jusqu’au dernier moment. Son choix fera l’unanimité.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que Al Gore ne soutient pas l'énergie nucléaire pour lutter contre le réchauffement climatique
Le jour même où Al Gore s'est vu attribuer le Prix Nobel de la Paix pour son combat pour le climat, le Président français Sarkozy est en visite à la centrale nucléaire de Penly et prétend que le nucléaire permet justement de lutter contre le réchauffement climatique.
Il est donc nécessaire de rappeler que Al Gore a à plusieurs reprises pris position contre l'utilisation du nucléaire dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre. L'ex-Vice Président américain explique à juste titre que la contribution du nucléaire contre le réchauffement est et va rester très faible.
Il ajoute que, dans ses fonctions de Vice Président des USA, il a pu constater que c'était l'accès à l'arme atomique qui expliquait l'intérêt de certains pays pour le nucléaire, et non la lutte contre le réchauffement.
A quelques jours du Grenelle de l'environnement, il est temps que le Président français suive l'exemple de Al Gore et comprenne que le nucléaire est l'ennemi de la planète et des êtres vivants.
Considérez-vous l'énergie nucléaire comme une bonne solution de rechange à la consommation de combustibles fossiles?
Al Gore : Je ne crois pas à cette option. Il est possible que l'énergie nucléaire soit de plus en plus employée, mais il faut que son utilisation reste minime. Cette option est compliquée, pour deux raisons. La première en est le coût, car cette technologie demeure onéreuse. La deuxième, et non la moindre, est le risque que comporte l'énergie nucléaire. En autorisant son emploi, on augmente considérablement le risque de prolifération d'armes nucléaires. Les huit années que j'ai passé à la Maison-Blanche m'ont montré les dimensions de ce défi. Certains pays ont fait part de leur intention de se doter de la technologie nucléaire pour produire de l'énergie, alors qu'ils étaient en fait intéressés par les armes nucléaires. Actuellement, des Etats comme la Corée du Nord et l'Iran font peser une réelle menace. Toutefois, si l'on conçoit une nouvelle génération de réacteurs plus sûrs, l'utilisation modérée de cette énergie pourra être tolérée.
Le 19 juin 2007, à 11 Heures, plusieurs équipes d'Inspecteurs citoyens du collectif « Non au missile M51 » ont procédé à linspection inopinée du Centre d'Essais et de Lancement de Missile des Landes. La cellule d'investigation du collectif avait en effet pu découvrir qu'un nouveau tir d'essai du missile nucléaire d'attaque français, le M51, était prévu ce matin à 9h00, dans le plus grand secret.
L 'armée française a procédé jeudi 9 novembre au premier tir réussi du nouveau missile stratégique M-51. Capable d’atteindre une cible située à 8.000 km, le M51, construit par EADS, est destiné à équiper à partir de 2010, les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de nouvelle génération (SNLE) de la force océanique stratégique française (FOST).
Pas de sortie du nucléaire civil sans abolition de l'arme nucléaire. La mobilisation de Cherbourg a permis de redonner de la visibilité à la question de la sortie du nucléaire. Mais nous le savons, nucléaire civil et militaire sont très liés : les programmes civils ont souvent servi à alimenter des programmes nucléaires militaires auxquels ils fournissaient et fournissent encore la matière première, les personnels et les technologies, ainsi qu'une habile couverture. C'est à nous de faire en sorte que les Landes soient le Cherbourg du nucléaire militaire, et que les deux questions se trouvent enfin reliées dans l'opinion publique et le débat présidentiel.
Le Visage de la Guerre, Dalli