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Jeudi 17 janvier 2008
2008 est l'année des élections municipales, et à ce titre, la Fondation Nicolas Hulot a souhaité, dans la dynamique du Pacte écologique présidentiel et législatif vous proposer, en créant le GUIDE DE L'ECO-ELECTEUR, de faire vivre vos convictions et permettre aux acteurs de votre commune, qu'ils soient citoyens ou candidats aux municipales, de s'engager vers des solutions écologiquement et humainement responsables.

Au regard de 7 enjeux écologiques majeurs d'une commune, ce guide peut nous aider en tant que citoyen ou candidat à :
  • prendre conscience des défis à relever,
  • connaître les leviers d'action du maire,
  • découvrir des "bonnes" pratiques et leurs impacts positifs
  • s'emparer de quelques bonnes questions à poser ou se poser pendant la campagne des municipales,
  • associer implication individuelle et collective.

> Impliquez-vous en tant que citoyen(ne) ou en tant que candidat(e) aux municipales, en utilisant ce guide sans modération avant, pendant et après les élections.
> Mobilisez les candidats en leur posant les "bonnes" questions pendant la campagne des municipales.
> Diffusez ce guide autour de vous pour le faire connaître au plus grand nombre.
> Échangez vos idées avec d'autres. On est toujours plus créatif à plusieurs.
> Participez à la vie de votre commune en vous rapprochant des associations environnementales locales.

Ensemble en 2008, mobilisons le génie humain et sa créativité pour bâtir une société de modération et réinventer une autre façon de vivre basée sur moins de biens mais plus de liens.
par peaceandlover publié dans : Politico - Ecologie
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Samedi 20 octobre 2007
Le Grenelle de l'environnement est un rendez-vous critique de notre société. Ce moment crucial de vérité doit être celui de la maturité démocratique. Il sera ou ne sera pas un indice supplémentaire de civilisation.

Allons-nous fuir, une fois encore, la réalité telle qu'elle est et laisser le temps décider à notre place ? Allons-nous céder face aux intérêts particuliers et contradictoires des uns et des autres, plier aux impératifs de l'immédiat contre les exigences de l'anticipation ? Au prétexte que la France est un petit pays et qu'elle ne peut seule supporter l'effort écologique, allons-nous perdurer dans le symbolique, le marketing et les mesurettes ? Bref, allons-nous une fois encore ériger le fatalisme ou l'atermoiement en stratégie ?

A ce stade, le Grenelle de l'environnement (un rendez-vous que les associations écologistes ont proposé) a eu l'immense vertu, dans l'esprit du pacte écologique, de mettre autour d'une même table la plupart des acteurs de la société et d'obliger chacun à plancher sur la combinaison du social, de l'économique et de l'écologique.

Sans effacer totalement les préjugés des uns envers les autres, les discussions ont permis, jusqu'à présent, de les atténuer considérablement et de faire surgir des convergences. L'écologie est enfin sortie de son ghetto. Mais ne rêvons pas : les choix décisifs restent à faire. La dimension finale du Grenelle dépendra aussi de la volonté et de l'audace politiques.

RÉALITÉ INCONTOURNABLE

M. Borloo, M. Sarkozy, j'ai envie de vous dire : n'ayez pas peur ! L'enjeu écologique est un défi d'une ampleur sans précédent, il oblige à revisiter toutes nos certitudes, à changer nos habitudes, à modifier profondément notre organisation économique et sociale. Il oblige à aller vite, à prendre des risques, à faire des choix. Mais c'est une réalité incontournable qui peut réhabiliter la politique. C'est une aspérité majeure sur le chemin de l'humanité, pleine de difficultés et de complexités, et, en même temps, une extraordinaire opportunité qui peut relancer l'idée du progrès humain.

Avec ce Grenelle de l'environnement, pour lequel la société française est prête à se mobiliser, vous pouvez envoyer un signal fort, poser les premiers fondements d'un nouveau chemin, jeter les bases d'une métamorphose de la civilisation. Faisons ensemble ce saut qualitatif !

Monsieur le président, monsieur le ministre d'Etat, vous n'êtes pas seuls ! La société a compris, nos enfants nous regardent. Les débats qui ont préparé ce Grenelle au sein des groupes de travail, d'une qualité remarquable, montrent que toutes les forces vives de la société portent le même diagnostic sur la gravité de la crise écologique.

Chacun sait bien désormais que la continuité d'un mode de développement destructeur des équilibres et des ressources naturelles conduit au chaos social et au déclin. Bien sûr, les intérêts des uns et des autres ne sont pas identiques, bien sûr, les responsabilités ne sont pas égales entre tous les citoyens et tous les secteurs d'activité, bien sûr, les remèdes proposés ne font pas l'unanimité. Mais tout le monde s'écoute et se parle. Cette prise de conscience commune et cette effervescence constituent une pâte qui ne demande qu'à lever.

En France comme ailleurs, tout retard supplémentaire dans la prise en compte écologique et climatique aura un prix exorbitant. Les coûts d'adaptation ou d'atténuation seront de plus en plus élevés. Les économies les plus prospères sont celles qui ont la flexibilité et le dynamisme pour anticiper le changement.

Un changement qui, il faut le marteler, s'imposera de toute façon. Les pays qui accéléreront la transition vers une économie moins carbonée et plus économe des ressources se doteront d'atouts compétitifs et s'ouvriront de nouvelles possibilités de développement social et de progrès humain.

Un vaste éventail nouveau d'industries, de services, de biens et d'emplois s'ouvrira. L'innovation offrira des bénéfices qui, à terme, compenseront largement les coûts de mutation. Et la vie de chacun s'en trouvera améliorée.

SIX DIRECTIONS

MM. Borloo et Sarkozy, sans en rajouter, le monde nous observe. L'échec ou le succès du Grenelle seront déterminants. Si la France peut tenir encore un rôle d'influence universelle dans la tradition de ses valeurs humanistes, c'est dans le courage des choix qui sortiront de ce Grenelle qu'elle pourra l'affirmer.

D'autres pays et non des moindres sont attentifs à cet exercice de démocratie et de mobilisation collective inédit. Le Grenelle français pourrait se disséminer positivement demain sur la base de son résultat, et vous pourrez porter cette orientation sur le continent européen, quand la France prendra la présidence de l'Union européenne.

C'est maintenant au pouvoir exécutif et au pouvoir législatif d'être au rendez-vous ! Au final, le choix appartient au politique. Les mesures pour trouver une issue à la crise sont désormais sur la table du Grenelle. Nous en discuterons fin octobre. Elles ne suffiront évidemment pas à épuiser la question mais elles sont significatives. Elles indiquent une autre direction que celle qui nous envoie tous au mur.

Avec ma fondation, j'en propose six qui me paraissent prioritaires et structurantes. Elles impliquent une autre logique dans des secteurs-clés de l'activité humaine : l'énergie et la fiscalité, l'industrie et la consommation, l'agriculture et l'alimentation, la nature et l'urbanisme, les institutions et la démocratie, l'éducation et la culture collective.

Nous en soutenons d'autres, en provenance des autres associations écologistes dont il faut au passage saluer l'immense travail, ainsi que celles des autres collèges des groupes de travail qui vont dans le même sens et les renforcent. A vous messieurs, c'est votre responsabilité, d'en tirer les engagements (précis, chiffrés, datés) qui soient à la hauteur de l'enjeu. L'histoire attend d'être écrite.

Nicolas Hulot, président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme
Le Monde - 02 octobre 2007
par peaceandlover publié dans : Politico - Ecologie
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Mercredi 10 octobre 2007

Le Grenelle de l'environnement entre dans sa phase ultime. Réunion après réunion, force est de constater que le dialogue demeure ouvert et que la parole des parties prenantes est libre. Les tabous semblent avoir vécu, à tel point que les associations en sont les premières surprises. Après avoir bataillé pendant des décennies pour être écoutées et entendues, les ONG de protection de l'environnement semblent avoir trouvé un cadre de débat particulièrement propice aux échanges. Après avoir été un non-sujet, l'environnement devient phénomène central, polyphonique, assourdissant.

La nouvelle majorité a bien perçu l'intérêt d'associer largement les partenaires environnementaux à une discussion à bâtons rompus, quitte à organiser un brouhaha dans lequel les voix discordantes deviennent inaudibles. Dès l'annonce d'un Grenelle de l'environnement, d'aucuns se sont inquiétés du résultat à attendre d'une négociation portant sur autant de thèmes, sans hiérarchie ni organisation précise. En faisant appel à l'expertise associative pour alimenter ce Grenelle de l'environnement, le nouveau pouvoir en place a dépolitisé ce rendez-vous. Car pour qu'un Grenelle de l'environnement soit politique au sens noble du terme, il y a nécessité à inscrire le débat dans le temps long de la décision et de sa mise en ouvre.

Le nez dans le guidon, les associations manquent de clairvoyance puisqu'elles ne maîtrisent pas le cadre qui les accueille. Le Grenelle de l'environnement est-il un moment de débat généralisé, un lieu de décisions, un cadre pérenne permettant une mise en ouvre et une évaluation des politiques publiques ? Comme à l'occasion de la première conférence de citoyens sur les OGM tenue en 1998, la question de l'interaction entre un débat particulièrement ouvert et une décision politique figée et décevante doit être posée. Or, force est de constater que les ONG naviguent à vue. La date même de la négociation finale demeure sujet de supputation et les lieux et dates des débats locaux, prévues sous quinzaine, restent méconnus. Comment participer à une négociation sans en connaître ni les règles ni les finalités ? N'y a-t-il pas un peu d'angélisme à croire que l'absence de cadre préétabli ne serait que la conséquence d'une inorganisation latente née de la nouveauté de cette procédure ?

Le Grenelle de l'environnement est le théâtre d'enjeux qui dépassent de loin la ténacité des associations qui y participent. Ce débat fourretout brouille les repères et tant à faire croire qu'un débat fusse-t-il très riche équivaut automatiquement à une décision favorable. Il existe manifestement un hiatus entre le « dire » et le « faire ».

Une victoire politique repose sur le triptyque Débat/Décision/Mise en ouvre. La multiplicité des acteurs en présence et leurs intérêts divergents nécessiteront plus qu'un Grenelle de l'environnement. L'expérience nous a maintes fois prouvés que les véritables difficultés commencent quant le débat se clôt. Sans a priori d'aucunes sortes, il y a nécessité à clarifier une méthode particulièrement elliptique, au risque de cautionner, au travers d'un simple débat, des décisions en demi-teinte.

Agir pour l'Environnement
par peaceandlover publié dans : Politico - Ecologie
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Vendredi 29 juin 2007
Est-il possible, d'ici à 2050, de diviser par quatre les émissions françaises de gaz à effet de serre ? La réponse est oui. Est-ce que c'est facile ? La réponse est clairement non. Tout est dit dans cet avis exprimé par le groupe d'experts chargé par le gouvernement d'une étude sur une réduction drastique des émissions françaises.

Ce rapport supervisé par l'économiste Christian de Boissieu, président du Conseil d'analyse économique découle de l'engagement, annoncé en 2003 par le premier ministre Jean-Pierre Raffarin, et confirmé par Jacques Chirac en 2005, de diviser par quatre les émissions polluantes en moins d'un demi-siècle. Pourquoi ce chiffre ? Parce que, si l'on veut limiter le réchauffement de la planète à 2°C, il faudra limiter la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone (CO2) à 450 ppm (parties par million).

Pour y parvenir, l'humanité doit plafonner ses émissions annuelles de carbone à 4 milliards de tonnes, soit 0,6 t pour chacun des 6 milliards d'humains de la planète. Comme les pays les moins riches vont, en se développant, atteindre progressivement ce niveau, les pays industrialisés doivent réduire substantiellement leurs rejets. La France devait ainsi passer de 140 millions de tonnes à 38 millions.

Peut-on attendre 2040 pour s'engager en espérant que des technologies seront alors disponibles pour opérer cette réduction ? Certainement pas.

L'accroissement de l'effet de serre est un phénomène cumulatif. "Plus nous agirons tard, écrivent les rapporteurs, plus il sera difficile de revenir à un niveau d'émissions absorbable par la biosphère, plus les concentrations atmosphériques seront élevées et plus les effets perturbateurs seront importants". S'il est indispensable de poursuivre et d'accentuer les recherches dans de nombreux secteurs technologiques pour réduire l'effet de serre, les experts préviennent que l'on ne peut se reposer sur elles seules.

De même, il apparaît que le nucléaire, le solaire et l'éolien ne sont pas la solution à tous nos maux. "L'énergie nucléaire en Europe représente 6 % de l'énergie finale, 2 % dans le monde, 17 % en France. Au vu de ces pourcentages, il n'apparaît pas justifié, pour bâtir une stratégie climat, de centrer le débat sur l'énergie nucléaire." Quant aux "énergies renouvelables (soleil, éoliennes) si souvent mises en avant, (elles) ne constitueront pas la panacée et la solution à tous les problèmes". En revanche, la biomasse, et notamment la filière bois, semble présenter un potentiel très important. Enfin, on ne peut se reposer sur les seules forces du marché. Il n'est pas certain que le prix du pétrole montera assez rapidement pour orienter différemment le système énergétique, et des substituts comme le charbon ou les schistes bitumineux, très polluants, pourraient se voir privilégiés par les industriels.

L'accent doit être mis sur "la maîtrise de la demande d'énergie". C'est là que les actions à mener sont "à la fois très nombreuses, souvent peu onéreuses, et disponibles relativement rapidement". Aussi faut-il agir prioritairement sur le transport et le bâtiment qui sont responsables de plus de la moitié des émissions françaises.  L'adaptation de l'habitat à ces nouvelles conditions représente d'ailleurs un "marché de plusieurs centaines de milliards d'euros d'ici à 2050". Quant au transport, il faut agir sur la motorisation des voitures, en instaurant une vignette écologique et en lançant un marché du carbone entre constructeurs. L'enjeu est énorme. Mais, insistent les rapporteurs, "la lutte contre les changements climatiques implique une transformation de l'économie et de la société mondiales". Reste à convaincre les citoyens de cette politique. Leur comportement est sans aucun doute "la question la plus délicate à traiter dans les scénarios de demande d'énergie".

Revue "Sortir du Nucléaire" n°34
par peaceandlover publié dans : Politico - Ecologie
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Vendredi 22 juin 2007
Entretien avec Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France et porte parole de l'Alliance pour la planète.

Le nouveau ministère de l'environnement dirigé par Jean-Louis Borloo aura-t-il le même rang au sein du gouvernement ?

Le plus important pour nous était que le périmètre du ministre ne soit pas réduit et qu'on ne revienne aux ministères "croupions" qu'on a connus ces dernières années. De la même façon, il est important que le ministre conserve un rang élevé dans la hiérarchie gouvernementale. Mais ces conditions nécessaires pour que l'environnement soit mieux pris en compte ne sont pas suffisantes : on a vu ces dernières semaines la ministre de l'agriculture imposer deux fois au "super" ministre des décisions en faveur des OGM. C'est sur les actes que nous jugerons JL Borloo.

Ce changement de ministre remet-il en cause le Grenelle de l'environnement ?

A priori non, le Grenelle de l'environnement étant un engagement du président Sarkozy. Nous attendons de rencontrer très vite JL Borloo pour qu'il nous donne sa vision de cette négociation et surtout qu'il garantisse que les conditions indispensables de respect, d'ouverture et d'engagement de l'Etat sur le Grenelle.

Quels vont être selon vous les dossiers les plus sensibles ?

Incontestablement, les dossiers de l'énergie (économies d'énergie et renouvelables versus programme EPR), de l'agriculture (agriculture bio et réduction des pesticides versus OGM), des transports (transports en commun et ferroviaire versus programme autoroutier) et déchets (réduction à la source, réemploi et recyclage versus incinérateurs) seront les dossiers les plus durs, tant la France s'est empêtrée dans des logiques productivistes depuis plusieurs décennies, en soutien de quelques secteurs industriels très concentrés et finalement peu créateurs d'emplois. D'autres sujets moins médiatiques mais tout aussi importants seront dans la négociation , comme le statut de l'expertise indépendante qui nous fait tant défaut sur les sujets que nous traitons (nucléaire, OGM, toxiques, biodiversité...)

Comment travaillez-vous à la préparation de ce Grenelle ?

Greenpeace contribue très activement à la construction d'un front associatif au sein de l'Alliance pour la planète, capable de défendre collectivement une plateforme de mesures fortes et pertinentes, indispensables si l'on veut faire face à l'urgence écologique. Nous valoriserons non seulement les avantages environnementaux de nos mesures, mais également leur énorme potentiel en matière de création d'emplois qualifiés, décentralisés et non délocalisables. Pendant et surtout en amont du Grenelle, nous tenterons de mobiliser au maximum l'opinion publique, les experts, les militants, pour que le Grenelle ne soit pas seulement une négociation mais aussi un moment fort d'information, de débat et de mobilisation autour des solutions écologiques.

Quelles seront les prochaines étapes du Grenelle de l'environnement ?

Le calendrier "Juppé" prévoyait la mise en place de groupes de travail dès la fin juin, comprenant les différentes parties prenantes (Etat, collectivités territoriales, syndicats, patronat, ONG), et chargés d'identifier d'ici la fin juillet les mesures qui devraient être mises sur la tables des négociations lors du Grenelle en octobre. Les mois de septembre de d'octobre devaient être dévolus au débat public et à la négociation elle-même. Au lendemain de la nomination de JL Borloo, nous ne connaissons pas sa vision du Grenelle ni s'il va souhaiter modifier les échéances pour prendre de temps de s'imprégner pleinement des enjeux d'un tel rendez-vous.

La nomination de Michel Barnier à l'agriculture est-elle d'après vous "intéressante" sachant qu'il a été précédemment ministre de l'environnement ?

Pour la première fois depuis des années, le ministre ne sera peut-être pas le ministre des lobbies les plus productivistes et prédateurs de l'agriculture et de la pêche, mais un ministre qui pourrait davantage être à l'écoute de nos propositions en matière d'agriculture et de pêche durable, respectueuses des écosystèmes et créatrices d'emplois. Mais ce n'est qu'une hypothèse, et c'est sur les actes que nous jugerons JL Borloo et M Barnier. Nous devrions d'ailleurs savoir très rapidement si le ministre de l'agriculture défendra comme ses prédécesseurs les OGM ou bien s'il s'appuiera sur le principe de précaution et la volonté des citoyens en optant pour un moratoire. De plus, appliquera-t-il les décisions européennes de fermer la pêche du thon rouge en Méditerranée au 30 juin ou bien acceptera-t-il que le pillage de cette espèce menacée se poursuive en toute illégalité ?

Greenpeace en tout les cas, fera son maximum pour que les décisions en faveur de la protection de l'environnement soient prises.
par peaceandlover publié dans : Politico - Ecologie
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Mardi 19 juin 2007
Le Conseil des ministres a adopté à Bruxelles, un règlement européen pour la production biologique dont le contenu est loin de satisfaire les professionnels de la bio. La Fédération Nationale d'Agriculture Biologique des régions de France, conformément à la demande de ses membres, va désormais travailler à une marque privée, afin de garantir la crédibilité de leur mode de production et de leurs pratiques auprès des consommateurs.

Bien qu'amélioré au fil des versions, le règlement européen adopté, et qui entrera en vigueur en 2009, comporte des points inacceptables que la FNAB, et d'autres acteurs en France et dans l'UE, ont déjà dénoncés : la flexibilité qui permet de faire moins que la réglementation ; l'absence de subsidiarité, qui permettait de faire mieux et donnait son sens au logo AB ; un étiquetage « bio » en régression par rapport aux règles actuelles ; et enfin, le refus de reconnaître aux productions bio le droit d'être totalement indemnes d'OGM.

Les producteurs biologiques s'étaient préparés à ce mauvais coup de la Commission et du Conseil, et l'Assemblée générale de la FNAB avait voté en mars dernier la possibilité d'une marque privée pour se démarquer d'un logo AB vidé de son sens, qui permettrait de conserver au moins le niveau du cahier des charges national, en son temps été plébiscité par les paysans bio. La FNAB va désormais travailler en ce sens, afin d'offrir aux consommateurs une alternative à une réglementation européenne décrédibilisée. Dans le même temps, elle veillera à ce que les règlements d'application, qui vont désormais être discutés, viennent limiter autant que possible les effets négatifs de ce nouveau texte européen.

Comm presse FNAB
par peaceandlover publié dans : Politico - Ecologie
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Samedi 2 juin 2007
Le Réseau "Sortir du nucléaire" (France) dénonce les nombreuses perquisitions dont ont été victimes depuis le 9 mai 2007 l’ensemble des organisations qui  mobilisent contre le G8 (Attac Allemagne, mouvements pour la paix, anti-nucléaires, anti-OGM, libertaires, etc).
 
De nombreux outils de communication (ordinateurs, fax, téléphones) ont été saisis et des prélèvements d'ADN mais ausi d'odeurs (le prélèvement d'odeur est une nouvelle technique de fichage policier, mise au point avec des chiens spécialement dressés à cet effet) ont été imposés aux militants. D'autre part, la police contrôle le courrier qui passe par plusieurs centres de tri à Hambourg.

Les autorités allemandes justifient cette vague de répression sous prétexte d'enquêter sur la "constitution d’organisation terroriste", ce qui leur permet de mener des surveillances à grande échelle, des perquisitions et des saisies touchant même des personnes non suspectes.

M. Schäuble, ministre de l’Intérieur, préconise jusqu'à 15 jours de prison préventive pour les manifestants "violents". Or, les actes pacifiques de désobéissance (un blocage assis par exemple) sont considérés comme "violents". Et le même M. Schäuble envisage aussi de réinstaurer le contrôle aux frontières à l’intérieur de l’espace Schengen lors du sommet du G8.
De plus, un grillage de 12,5 km (et d'un coût de 12 millions d'Euros) a été construit autour du site où se rencontreront les "grands de ce monde", et toute manifestation sera interdite à l’intérieur et aux alentour de cette zone.

16 000 policiers et 1 500 soldats (ce qui est contraire à la constitution allemande qui, sur le territoire fédéral, réserve le recours à l’armée aux seules catastrophes) protégeront les Chefs d'Etat et de Gouvernement du "danger" que représente la population.
 
Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce
- les atteintes désormais systématiques à la démocratie et la liberté d’expression lors de chaque G8
- le fait que tout citoyen exprimant publiquement son désaccord face au G8 soit considéré comme un "ennemi de l’intérieur"
- l’amalgame entre d’une part le terrorisme et d’autre part le mouvement social promouvant l'éthique, la justice, et le respect des droits et de l'environnement.
Des millions de citoyens ne reconnaissent aucune légitimité au G8, instance autoproclammée dont le but est de protéger les intérêts des puissants au dépend des pays pauvres ou des pauvres vivant dans les pays riches.
 
Par ailleurs, une des principales caractéristiques des pays du G8 (à part l'Italie) est d'être fortement nucléarisés, imposant à la planète le risque de catastrophes nucléaires, la production de déchets radioactifs et la prolifération nucléaire à des fins militaires. Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce d'autant plus fortement l'instrumentalisation par le G8 du problème du réchauffement climatique afin de promouvoir l'énergie nucléaire.
par peaceandlover publié dans : Politico - Ecologie
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Lundi 28 mai 2007
Ils en avaient tellement envie ! Eux, les écologistes ! [...] Et voilà que not’ nouveau président les reçoit en petites pompes à l’Elysée ! Et leur dit tout ce qu’ils voulaient entendre : en octobre prochain, les gars, j’organise un « Grenelle de l’environnement ». Oui, Grenelle, comme en mai 68 ! Et on parlera de tout, « sans tabous »…
 
Et, attention, on se fixera des objectifs précis, chiffrés, sur cinq ans, ça sera du concret, du solide, pas du bla-bla. D’ailleurs, c’est l’aimable Juppé, avec sa tête de converti à l’écologie, qui va s’occuper de tout, lui et son Grand ministère du Développement durable. Affriolant, non ? Alors les neuf présidents d’associations écolos (de Greenpeace à WWF en passant par les Amis de la Terre) sont sortis de l’Elysée ravis.
 
« Une rencontre historique », a dit l’ami des oiseaux Bougrain Dubourg. « On met enfin de côté nos petits préjugés », dit Nicolas Hulot. Quels préjugés ? En février dernier, l’Alliance pour la planète, qui rassemble 71 associations de défense de l’environnement (dont celles qu’a reçues Sarkozy lundi), avait examiné à la loupe et noté les programmes des candidats : avec 8,5 sur 20, Sarko avait écopé d’une des pires notes écolos.
 
Il faut dire que l’homme « qui va faire ce qu’il dit » l’avait très nettement dit : il voulait bien tout mettre sur la table, sauf…
Sauf le nucléaire : pas question d’un moratoire sur l’EPR.
Sauf les OGM : pas question d’arrêter les essais en plein champ.
Sauf les autoroutes : pas question de cesser d’en mettre partout.

Et puis pas question non plus de déranger les tenants de l’agro-industrie qui ont fait de la France un champion mondial des pesticides, et de ses rivières parmi les plus polluées d’Europe.
Pas question, même si toutes les villes de plus de 100 000 habitants sont désormais abonnées aux pics d’ozone et de gaz carbonique (24 jours par an en moyenne) et qu’une étude de l’Inserm vient de prouver que les gaz d’échappement rendent vraiment les enfants malades (asthme et eczéma), pas question de s’attaquer à la bagnole.
 
Pas question non plus d’énerver nos amis chasseurs. Ni l’ami Bouygues, qui continue de couvrir la France d’antennes relais. Ni l’ami Proglio, qui trouve que 158 incinérateurs (record mondial) ne suffisent pas vraiment. Etc. Bref, si quelqu’un a de « petits préjugés » sur l’écologie, c’est bien Sarkozy !
 
Et justement : aujourd’hui, les Verts sont dans les choux, et l’écologie politique à la ramasse. Avant les législatives, il essaie donc de rafler la mise en montrant que, plus Vert que lui, y a pas, même à gauche. De là à croire qu’à peine élu il a de nouveau « changé »…Ah, un détail : le « Grenelle de l’environnement », qui devait avoir lieu en septembre, est repoussé à la première quinzaine d’octobre. Cas de force majeure : Nicolas Hulot doit finir un tournage pour TF1.


Le canard enchainé
par peaceandlover publié dans : Politico - Ecologie
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Dimanche 27 mai 2007
L'écologie a l'occasion de sortir de la marginalité mais nous ne devons pas faire allégeance.

La récente conversion du président de la République aux enjeux écologiques
peut surprendre et nous interroger. Alors que la campagne électorale qui vient de se clore par l'élection de Nicolas Sarkozy n'avait pas fait apparaître l'attrait du nouveau chef de l'Etat pour ces questions essentielles à l'avenir de l'humanité, nous constatons qu'il y a aujourd'hui une véritable opportunité de sortir l'environnement des ornières de la marginalité.

Ni défiance ni allégeance. A quelques semaines d'élections législatives qui porteront une nouvelle majorité au pouvoir pour les cinq prochaines années, nous espérons que ce soudain intérêt affiché du nouveau président de la République ne soit pas exclusivement dicté par une volonté d'envoyer un signal médiatique au peuple de l'écologie. Jacques Chirac nous a habitués aux propos grandiloquents qui cachaient mal son inaction. Chat échaudé craignant l'eau froide, nous ne pouvons que nous méfier de l'intérêt réel ou supposé du nouveau locataire de l'Elysée.

Sans récuser l'intérêt du Grenelle de l'environnement, n'aurait-il pas fallu temporiser et attendre quelques semaines, après les élections législatives, afin d'éviter l'écueil d'une instrumentalisation par trop facile à mettre en scène ? Avoir l'honneur d'être reçus par les plus hauts représentants de l'Etat est une chose, avoir le devoir de garder à l'esprit la responsabilité qui est la nôtre en est une autre. A cet égard, certaines ONG présentes auraient sans nul doute dû faire preuve d'un peu plus de retenue dans les satisfecit qu'elles ont décernés au nouveau converti de l'Elysée.

En effet, si le dossier du réchauffement climatique est fortement mis en avant par Nicolas Sarkozy, beaucoup de sujets restent encore dans l'ombre, ou pire n'en sortent que pour laisser peu d'espoir de progrès. Il suffit de relire le programme de Nicolas Sarkozy, que celui-ci a promis d'appliquer à la lettre une fois élu, et qui lui a valu une note de 8,5/20 de la part de l'Alliance pour la planète. D'après ce programme, le dossier nucléaire ne semble pas devoir faire l'objet de négociations allant jusqu'à la remise en cause de l'EPR. Les OGM en plein champ ne bénéficieront pas d'un moratoire de principe. L'agriculture restera intensive et grosse consommatrice de pesticides. Les récentes déclarations d'Alain Juppé confirment que le rapport de force avec le lobby agro-industriel ne sera pas favorable à une évolution positive dans ce domaine, faute de volonté politique. Bref, le combat semble devoir être bien rude pour faire réellement adopter à ce nouveau gouvernement de véritables politiques de rupture sur les enjeux écologiques.

Alors pourquoi, à quelques jours des élections législatives, faire un cadeau inouï à Nicolas Sarkozy, en offrant aux objectifs et aux micros des médias une impression d'unanimité et de satisfaction excessive à la sortie de cette première réunion sur l'environnement ? Maître manipulateur des médias et de son image, Nicolas Sarkozy n'en demandait pas tant. Certaines ONG présentes à l'Elysée ont pris garde d'attirer l'attention sur le peu de perspectives de progrès à attendre de ce gouvernement dans certains dossiers majeurs. Notre crédibilité, notre indépendance et, in fine, notre efficacité dépendent aussi de notre capacité à maîtriser nos réactions et notre communication. Le nouveau pouvoir en place nous a montré que cette maîtrise était une clef essentielle du succès.
par peaceandlover publié dans : Politico - Ecologie
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Samedi 26 mai 2007
Le Réseau "Sortir du nucléaire" proteste contre la tentative du nouveau pouvoir en place, d'empêcher tout débat sur la question du nucléaire. Le Réseau "Sortir du nucléaire" est exclu des réunions de concertation en vue de la préparation du "Grenelle de l'environnement" : il n'a pas été convié par MM. Sarkozy et Juppé à la rencontre qui a eu lieu le lundi 21 mai, à 11 heures, à l'Elysée, avec certaines organisations écologistes non gouvernementales. Il semble donc à l'évidence que le nucléaire reste un sujet tabou dont il est bien difficile de débattre dans notre pays.

Dès ses premières interviews après sa prise de fonctions de Ministre de l'écologie, Alain Juppé a clairement exclu toute remise en cause des projets de l'industrie nucléaire en précisant simplement qu'il faudra les expliquer aux Français. Nicolas Sarkozy a, pour sa part, clairement affirmé, lors de sa campagne électorale qu'il est pour l'EPR et la relance du nucléaire qu'il juge comme étant  l'énergie du futur.

Cette façon de faire est inacceptable, et cela d'autant plus que le nouveau gouvernement annonce vouloir renouveler les pratiques politiques. Il apparaît clairement que ce n'est pas le cas.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" regroupe 776 associations et a rassemblé plus de 60 000 manifestants le 17 mars dernier contre la construction du réacteur nucléaire EPR.

Il rappelle qu'il est disposé à participer au "Grenelle de l'environnement", mais seulement si le nucléaire peut être débattu et que les décisions n'ont pas été prises auparavant... Il ne faudrait pas en effet que le débat soit clos avant même d'avoir commencé !

C'est en particulier le cas du décret autorisant EDF à construire le réacteur nucléaire EPR à Flamanville, dans la Manche : ce décret a été pris par le gouvernement précédent, 10 jours avant le premier tour de l'élection présidentielle !

Il est donc nécessaire, pour que le Grenelle de l'environnement puisse se dérouler correctement, que le nouveau gouvernement procède au préalable à l'abrogation du décret de construction de l'EPR : il n'est pas envisageable de discuter d'environnement alors que, pendant ce temps, EDF construit un réacteur nucléaire supplémentaire.

Agir pour l'environnement, la Confédération Paysanne, Europe solidaire sans frontières (ESSF), l'Association de protection des espèces menacées (AVES) et le Groupe de Réflexion et d'Action Pour une Politique Ecologique ont rejoint le Réseau Sortir du nucléaire dans cette demande au gouvernement d'annuler le décret de l'EPR comme préalable indispensable à tout Grenelle de l'environnement.
par peaceandlover publié dans : Politico - Ecologie
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