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Les industries du nucléaire le clamaient bien haut : la probabilité pour qu’un accident sérieux se produise était inférieure à 1 sur un million d’années de fonctionnement-réacteur. En un mot, si l’on ajoutait bout à bout, le nombre d’années de service de l’ensemble des centrales dans le monde, il faudrait atteindre au moins le chiffre d’un million pour qu’une catastrophe survienne.
Pour en arriver là, les experts avaient calculé les chances de mauvais fonctionnement de chacun des composants vitaux d’un réacteur et leurs conséquences sur les autres éléments du système et ils en avaient déduit les probabilités d’accident... Les accidents ont pourtant déjà eu lieu !
Années 1950
• 1957 Complexe nucléaire Mayak (à Kyshtym non loin de la ville de Tcheliabinsk, URSS). Une puissante explosion dans un centre de stockage de déchets radioactifs a projeté à plus d’un kilomètre d’altitude environ deux millions de curies de produits radioactifs, et près de dix fois plus dans l’environnement de l’installation, soit environ la moitié des quantités rejetées à Tchernobyl. Au moins 200 personnes périrent, l'application des mesures d'urgence comportait l'évacuation d'environ 10 000 personnes, une zone interdite de 250 km²(niveau 6 sur l'échelle INES) et des panneaux "fermez les fenêtres et roulez le plus vite possible" installés sur les bords des routes environnantes. Le régime soviétique a maintenu le secret défense sur cet accident, les premières informations ne seront révélées qu'en 1976 par le biologiste soviétique Jaurès Medvedev immigré en Angleterre. Dans le quotidien Libération du 24 août 2000, « les matières radioactives remontent en surface avec le jaillissement des eaux souterraines », affirme Igor Forofontov de Greenpeace Russie.
• Du 7 au 12 octobre 1957, incendie à la centrale nucléaire de Windscale (Grande-Bretagne). L'accident se classe au niveau 5 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES). À la suite d'un incident provoqué lors d'une opération d'entretien du graphite, des produits de fission, essentiellement de l'iode 131, sont rejetés à l'extérieur. Aucune mesure d'évacuation n'a été prise, mais les autorités compétentes prennent les mesures suivantes pour maîtriser le danger : interdiction de la consommation de certains produits et contrôle et arrêt des livraisons de lait pendant deux mois sur une zone de 500 km². Sur les 238 personnes examinées, 126 sont légèrement contaminées au niveau de la thyroïde ; la dose maximale relevée est de 0,16 sievert. En comparaison, la limite annuelle d'incorporation de l'iode 131 à ne pas dépasser pour le personnel du nucléaire correspond à une dose de 0,5 sievert à la thyroïde. Parmi le personnel de l'installation, 96 personnes présentent, malgré le port du masque, des doses à la thyroïde allant jusqu'à 0,1 sievert. 14 autres agents subissent une faible irradiation externe qui reste inférieure à celle que délivrent certaines radiographies médicales. Les doses les plus élevées mesurées sur ces agents sont égales à 0,047 sievert, soit un peu moins que la limite annuelle d'irradiation de l'organisme entier à ne pas dépasser pour le personnel du nucléaire. En 1983, un documentaire de la télévision britannique révélait que dans le village de Seascale, situé non loin de Sellafield, le taux d'enfants atteints de cancer était dix fois plus élevé que la moyenne nationale. Selon le journal Le Monde du 2 janvier 1988, l'ancien premier ministre conservateur britannique, Harold Macmillan, avait ordonné d'étouffer un rapport détaillé sur les causes d'un grave incendie qui s'était produit à l'intérieur de l'usine de retraitement des déchets nucléaires de Windscale.
Années 1960
• 24 juillet 1964, Charlestown, Rhode Island. Un accident dans une usine de fabrication de combustible nucléaire fait un mort.
• 17 octobre 1969, centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, Loir-et-Cher, en France. Un accident entraîne la fusion de cinq éléments combustibles dans le réacteur A1. Lors du déchargement, les opérateurs ont ordonné de charger un canal d'Uranium et de graphite. Le réacteur est resté un an à l'arrêt pour un coût de 20 millions de francs (un peu plus de trois millions d’euros). L'événement est qualifié d'incident par EDF ; selon l'échelle INES actuelle, il s'agit d'un accident qui se situe au niveau 4.
Années 1970
• 19 novembre 1971. Dans une centrale nucléaire à Monticello, Minnesota, un réservoir d'eau déborde, relâchant 190 m³ d'eau contaminée dans le Mississippi. Des matières radioactives entrent plus tard dans le système d'arrivée d'eau de St. Paul.
• 1972. L'usine de retraitement des combustibles nucléaires à West Valley, New York, ferme après six ans de fonctionnement. Elle laisse derrière elle des réservoirs contenant 2 300 m³ de déchets hautement radioactifs, qui contaminent par la suite le lac Érié et le lac Ontario.
• mars 1972. En Alaska, un contrôle de routine d'une centrale nucléaire indique la présence de radioactivité dans le réseau d'eau du bâtiment (comprenant notamment le point d'eau potable) qui a été interconnecté avec un réservoir de 11 m³ de déchets radioactifs.
• 28 mai 1974. Le Commissariat à l'énergie atomique déclare que 12 « événements anormaux » en 1973 ont libéré de la radioactivité « au-dessus des niveaux autorisés » autour de différentes centrales nucléaires.
• 22 mars 1975. Un feu dans le réacteur nucléaire de Brown's Ferry situé à Decatur, Alabama, sur la rivière Tennessee, provoque une baisse importante des niveaux d'eau de refroidissement.
• 28 mars 1979, Three Mile Island, Pennsylvanie. Suite à une panne des pompes d'alimentation en eau du circuit secondaire de l'un des réacteurs, un enchaînement de défaillances mécaniques, d’erreurs humaines et de défauts de conception, entraîne la fusion du cœur. L’enceinte de confinement étant restée intègre, le relâchement de produits radioactifs dans l’environnement est resté faible. L'accident de Three Mile Island est classé au niveau 5 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES).
• 16 juillet 1979, près de Church Rock, Nouveau-Mexique. Les parois d'un bassin de déchets radioactifs se brisent, laissant s'échapper une grande quantité de déchets.
• 29 septembre 1979. Le gouverneur Bruce Babbitt en Arizona ordonne aux gardes nationaux de nettoyer l'usine American Atomics de Tucson, qui d'après lui fuyait. À la cuisine de l'école publique d'en face, 300 000 dollars de nourriture ont été contaminés par du tritium radioactif ; les gâteaux au chocolat avaient 56 nCi par litre, deux fois et demi la limite de sécurité.
Années 1980
• 13 mars 1980, centrale nucléaire de Saint-Laurent, en Loir-et-Cher, en France. Un accident conduit à la fusion de deux éléments combustibles du réacteur A2 filière UNGG (uranium naturel, graphite-gaz) d'une puissance de 515 MWe. La plaque métallique de maintien des capteurs de pression du réacteur vient, à la suite de phénomènes de corrosion, obstruer une douzaine de canaux du bloc de graphite, ce qui empêche le bon refroidissement du cœur et provoque la fusion de deux éléments combustibles. Gravement endommagé, le réacteur est indisponible pendant deux ans et demi environ. C'est l'accident nucléaire le plus grave jamais répertorié pour un réacteur en France (niveau 4 selon l'échelle INES).
• 1981, incendie d'un silo à l'usine de retraitement de La Hague, en France. L'accident est classé au niveau 3 de l'échelle INES.
• 26 avril 1986, catastrophe de Tchernobyl, en Ukraine. Accident de niveau 7 selon l'échelle INES. L'accident est survenu dans la centrale nucléaire Lénine située sur les rives du Dniepr à environ 15 km de Tchernobyl et 110 km de Kiev, près de la frontière avec la Biélorussie. Suite à une série d'erreurs humaines et en raison de défauts de conception, le réacteur n°4 subit une fusion du cœur puis une explosion provoquant la libération de grandes quantités de radioisotopes dans l'atmosphère. Les autorités évacuent environ 250 000 personnes de Biélorussie, de Russie et d’Ukraine. Plusieurs centaines de milliers d'ouvriers (600 000 environ), les « liquidateurs » sont venus d'Ukraine, de Biélorussie, de Lettonie et de Russie pour procéder à des nettoyages.
• 1987, dans la ville de Goiânia (État de Goiás, Brésil). Un appareil de radiothérapie, abandonné dans un ancien hôpital, est récupéré par des ferrailleurs pour la revente du métal au poids. Le césium 137, produit actif de l'appareil, est dispersé. Les gens jouent avec, attirés par la lumière bleue qu'il émet. Au moins quatre personnes décèdent dans les 75 jours après la découverte, 249 personnes présentent des contaminations importantes, 49 hospitalisations sont réalisées , dont 21 en soins intensifs, et 600 personnes sont encore sous surveillance médicale en 2003. Cet accident a été classé au niveau 5 sur l'échelle INES.
• 17 décembre 1987 : un incident s'est produit à la centrale nucléaire de Biblis en Allemagne. L'accident nucléaire fut divulgué seulement un an après dans un article de la revue spécialisée américaine (Nucleonic Weeks). L'accident a été évalué au niveau 2 de l'échelle INES.
• 19 octobre 1989, à 21h39 un incendie se déclare dans la salle des turbines de la centrale de Vandellos en Espagne, provoquant indirectement une inondation et endommageant différents systèmes, notamment la réfrigération du réacteur. Cet incident est classé au niveau 3 de l'échelle INES. Le gouvernement espagnol a décidé la fermeture définitive du réacteur en novembre 1992 après qu'une fuite d'effluents liquides radioactifs ait pollué le canal voisin. En février 1996, 15 personnes sont contaminées par inhalation d'américium 241 alors qu'elles vident les piscines de combustible de la centrale.
Années 1990
• 25 octobre 1992, Snovosi Bor, en Russie, près de St Pétersbourg, sur le réacteur n°3, un RBMK, une vanne d'arrivée d'eau d'un des 1 660 tubes de force se ferme, destruction de l'élément de combustible et du tube de force.
• 30 septembre 1999, Tokaimura, à 160 km de Tokyo au Japon. Accident de niveau 4 selon l'échelle INES. L'introduction dans une cuve de décantation, suite à une erreur humaine de manipulation, d'une quantité anormalement élevée d'uranium (16,6 kg) dépassant très largement la valeur de sécurité (2,3 kg), est à l'origine de la réaction de criticité. Cet accident de criticité a exposé plus de 600 riverains à des radiations importantes et tué au moins deux des ouvriers de la centrale ; A 21h, soit 11 heures après le début de l'accident, les autorités décrètent le confinement des populations dans un rayon de 10 km. L'enquête sur l'accident de Tokaimura a montré que les ouvriers de l'usine, gérée par l'entreprise JCO, violaient de façon régulière les procédures de sécurité, allant jusqu'à mélanger l'uranium dans des bassines pour aller plus vite (AFP, 27/04/2000).
Années 2000
• 15 février 2000, Buchanan, New York. Le réacteur n°2 de la centrale nucléaire d'Indian Point libéra une petite quantité de vapeur radioactive. C'est un disfonctionnement du générateur de vapeur qui en était la cause.
• Juillet 2000, près de Richland, Washington. Des feux touchent la décharge nucléaire très radioactive « B/C » de l'Hanford Site. Les déchets ne sont pas à la surface, mais sous terre. Aucune contamination aérienne n'a été détectée en dehors des limites du site.
• 10 avril 2003, un grave incident s'est produit à la centrale nucléaire de Paks (Hongrie), située à une centaine de kilomètres au sud de Budapest. Une fuite radioactive a vraisemblablement mis en danger la population environnante. Selon Istvan Kocsis, le directeur de la centrale, la cause évidente de ce grave incident, qui a eu lieu pendant le nettoyage des piles de combustion, est une faute de planification du système de contrôle et de refroidissement produit et opéré par Framatome ANP (AFP, 12 mai 2003). Pour réparer le réacteur endommagé, la société russe TVEL a été préférée à Framatome ANP.
• 18 avril 2005, Sellafield, Angleterre. 83 000 litres de combustible liquéfié fortement radioactif, contenant environ 20 tonnes d'uranium et de l'acide nitrique concentré se sont échappés d'une fissure dans un tuyau et se sont répandus dans une cuve en acier inoxydable contenant 200 kg de plutonium dans l'enceinte de l'usine de retraitement Thorp située à Sellafield. L'enquête a montré que la fuite est restée inconnue pendant neuf mois.
• 11 mars 2006 en Belgique, un opérateur de la société Sterigenics de Fleurus spécialisée dans la stérilisation d'équipements médicaux pénètre durant 20 secondes dans une cellule d'irradiation contenant une source scellée de cobalt-60 où aucune opération n'était en cours, les sources radioactives ayant été plongées dans une piscine sous cinq à six mètres d'eau en attendant la production. Trois semaines plus tard il éprouva quelques symptômes typiques d'une irradiation (vomissement, perte de cheveux). On estime qu'il reçut une dose élevée comprise entre 4,4 et 4,8 Gy suite à une défaillance du système de contrôle-commande hydraulique assurant le maintient de la source radioactive dans la piscine (l'épaisseur d'eau servant de bouclier biologique). L'opérateur passera près d'un mois à l'hôpital avant de pouvoir rentrer chez lui. Aujourd'hui il souffre encore de séquelles (fatigue, etc.) qui devraient s'atténuer et disparaître dans plusieurs mois. Après la mise sous scellé de la cellule concernée pendant près d'un mois, l'organisme gouvernemental de contrôle AFCN en collaboration avec les auditeurs privés d'AVN et le contrôle du bien-être au travail ont imposé à Sterigenics un programme d'actions incluant la mise en place de systèmes de sécurité hydrauliques, électriques et mécaniques redondants. Il s'agit d'un accident de niveau 4 sur l'échelle INES.
• 25 juillet 2006, Suède, incident classé de niveau 2 sur l'échelle INES : défaillance d’un système de secours de la tranche 1 de la centrale de Forsmark ; par précaution, deux réacteurs de la centrale d'Oskarshamn sont fermés[3]. C'est le hasard qui a évité qu’une fusion du cœur ne se produise affirme, dans le quotidien allemand TAZ du 3 août, Lars-Olov Höglund, qui a dirigé la construction de la centrale. « C’est l’évènement le plus dangereux depuis Three Mile Island et Tchernobyl » déclare-t-il le 2 août au quotidien suédois Svenska Dagbladet. Ole Reistad, directeur de l’institut norvégien de protection contre les rayonnements ionisants, déclare au TAZ que l'on est « passé près de la catastrophe » et près de la défaillance de la dernière barrière de sécurité ; « une telle chose n’aurait jamais dû se produire ». Suite à cet incident, le ministère allemand de l'Environnement va vérifier « le plus rapidement possible » si l'incident survenu la semaine dernière sur un réacteur nucléaire en Suède pourrait également se produire dans les centrales allemandes.
La Confédération paysanne de la Vienne a révélé le 4 mars dernier qu’un site d’essai de cultures d’OGM appartenant à la société Syngenta avait brutalement été inondé le 3 mars, provoquant un risque non négligeable de dissémination.
L’actuel gouvernement français fomente de transcrire sous peu la directive européenne OGM en catimini, par voie de décret. Histoire de se soustraire à des poursuites de l’exécutif communautaire, et d’éviter tout débat au Parlement sur un sujet brûlant. Dans le même temps, entre 30 000 à 50 000 hectares de cultures d’OGM sont annoncées pour l’été prochain, notamment dans le Sud-ouest de la France, région qui va connaître une sécheresse annoncée comme dramatique. Eau, sécheresse et OGM préfigurent une dissémination sans précédent d’OGM en France l’été prochain.
La France a autorisé la construction de l'EPR à Flamanville sur la base d'une évolution de la consommation française erronée. Afin de légitimer ce prototype, EDF et RTE ont, durant le débat public, fourni des données manifestement trompeuses. Sans préjuger de la bonne foi de ces entreprises publiques, force est de constater que la légitimité énergétique de l'EPR se révèle sujette à caution.
Selon les scénarios envisagés par RTE, la consommation française passerait de 468,5 TWh en 2004 à 513 TWh en 2010, soit une augmentation de 2 à 3% l'an. Mais le bilan énergétique 2006 laisse apparaître une consommation intérieure en baisse de 1%. Janvier 2007 a connu une baisse beaucoup plus marquée de 8,4% par rapport au même mois de l'année précédente.
Cette consommation intérieure intègre les pertes en ligne dues à une centralisation extrême des moyens de production représentant 32 TWh (soit 5,82% ou 5 centrales) auquel il faut ajouter une quinzaine de TWh utilisée pour l'enrichissement du combustible nucléaire. En sus de cette consommation intérieure, la France exporte 63,3 TWh (soit 11,53%) de la production représentant l'équivalant de 10 centrales nucléaires !
Manifestement, les scénarios avancés par EDF et RTE se révèlent faux. Pire, la France s'est engagée à augmenter sensiblement sa production d'électricité issue d'énergies renouvelables passant de 12,1% à 21% d'ici à 2010, soit une augmentation de plus de 48 TWh en seulement trois ans permettant de fait de suivre une hypothétique augmentation de la consommation.
Alors que la France baisse sa consommation électrique intérieure de 1% sans avoir même impulsée de politique ambitieuse de maîtrise de l'énergie, alors que la France devrait, pour respecter ses engagements européens, ajouter 48 TWh d'énergie renouvelable représentant 10% de sa consommation électrique, l'Etat français décide de construire un nouveau réacteur électronucléaire inutile énergétiquement !
Bien que la France ait une capacité de production de 116 GW lui permettant de répondre largement aux quelques pics de consommation fleuretant les 86 GW quelques minutes par an, le Gouvernement décide de construire un EPR, qui ne permettra pas de répondre à ces demandes de pointe.
Le nucléaire, peu flexible, ne peut en effet répondre aux augmentations brutales de consommation. Or, si demande supplémentaire il y a dans les années à venir, ce sera un besoin d'électricité en période de pointe que l'électricité atomique ne pourra suivre. La France s'achemine donc vers plus de nucléaire en base ET plus d'effet de serre en période de pointe !
20% d'énergies renouvelables en 2020, voici la bonne résolution de la politique énergétique de l'Union européenne. Tous les pays européens sont d'accord sur l'urgence de mesures fortes et concrètes pour lutter contre les changements climatiques.
Tous ? Non ! Car la France a annoncé qu’elle bloquerait les négociations finales qui auront lieu le 8 et 9 mars prochains lors du Conseil européen de Printemps si le nucléaire n'intégrait pas cet objectif d'énergies requalifiées « faiblement émettrices de carbone ».
Isolée et enlisée par son obsession nucléaire, la France va-t-elle bloquer le développement des renouvelables en France et en Europe ?
Signez la pétition pour soutenir le développement des énergies renouvelables !
Pour l'instant, seules les personnes faisant un usage professionnel de l'électricité (PME, artisans, commerçants associations, professions libérales...; peuvent changer de fournisseur. Cependant, tous les consommateurs d'électricité seront concernés à partir du 1er juillet 2007.
Le 1er juillet 2007 sera donc l'occasion de changer de fournisseur d'électricité, de reprendre à EDF son monopole, et ainsi de marquer son désaccord face à la politique énergétique française.
Le fournisseur électrique le plus intéressant du point de vue environnemental est sans conteste Enercoop. Plus d'informations ici.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" révèle que le Président de la République s'apprête, lors de la session de décorations prévue à Pâques, à attribuer la Légion d'honneur au Pr Jean Chanteur. Or, ce dernier est largement impliqué dans le mensonge d'Etat sur le passage du nuage de Tchernobyl sur la France.Greenpeace a publié hier une étude de John Large, expert britannique de renommée internationale sur les questions de sécurité nucléaire. Cette étude a pour but d'évaluer le risque que représente le projet de nouveau réacteur prévu à Flamanville en Normandie. Sa conclusion est sans équivoque : le futur réacteur EPR sera le plus dangereux au monde.
"EDF a affirmé dans ses publications que le modèle EPR était parfaitement sûr et que son fonctionnement, même affecté par un accident très grave ou une attaque terroriste, n'entraînerait pas de graves conséquences pour les communautés locales, la France et l'Europe. Mon étude apporte un démenti à ces affirmations" explique John Large.
Dans un rapport préliminaire de sûreté, EDF considère que la probabilité d'un accident est de 10-7 par le biais d'une redondance de systèmes de sûreté. Mais ce chiffre de 10-7 ne tient pas compte des problèmes techniques : fuites, pannes d'électricité, erreur de pilotage, inondation, incendie... car EDF considèrent qu'ils doivent être évités en amont. De plus, les séquences de fusion de coeur à haute pression, les phénomènes d'explosion de vapeur en cuve et hors cuve, les détonations d'hydrogène sont autant de situations " pratiquement éliminées " des considérations de sûreté car proches de l'impossible.
"Cet aveuglement a pour conséquence de négliger les risques nucléaires et de sous-évaluer les conséquences dramatiques d'un éventuel accident. Cela ne permet pas d'établir des scénarios d'intervention d'urgence adaptés" explique Frédéric Marillier, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France.
L'EPR étant le plus puissant des réacteurs au monde (1600 MW), il concentrera plus de radioactivité que ces prédécesseurs. L'utilisation prévue d'un combustible spécifique à base de plutonium (le MOX), au lieu du combustible classique à base d'uranium, renforcera la radioactivité et la toxicité des rejets éventuels. John Large a travaillé sur des modélisations d'accidents nucléaires. Pour évaluer les conséquences d'un accident, il convient de modéliser en fonction du temps, de la météo et de la géographie du terrain la trajectoire du nuage radioactif et la dispersion de la radioactivité. Pour ce faire, un modèle informatique est utilisé sur la base de données météorologiques mesurées dans le passé.
En cas d'accident grave de l'EPR, les conséquences seraient dramatiques
Jusqu'à 320 personnes mourraient dans les tous premiers jours, et près de 2 000 personnes tomberaient malades. Au final, près de 30 000 personnes développeraient un cancer mortel. Plus de 9 500 personnes développeraient un cancer de la thyroïde dont environ 1 000 seraient mortels. Jusqu'à 3 millions personnes seraient évacuées sur une zone de plus de 36 000 km2, soit une zone plus grande que la Haute et Basse-Normandie réunies. 1 million de personnes devraient se confiner chez eux. Enfin, il faudrait organiser dans un temps record la distribution de pastille d'iode à 13 000 personnes.
Il n'est pas trop tard pour éviter un tel scénario. L'EPR n'est pas encore commencé, et son décret d'autorisation n'a toujours pas été signé. "Ce projet inutile, détourne la France des priorités énergétiques à mettre en place en urgence. L'EPR est un véritable verrou qu'il faut casser pour enfin faire la place à une politique basée sur la sobriété et l'efficacité énergétique, et le développement des énergies renouvelables" conclut Frédéric Marillier.
Lire le rapport complet (format PDF)
"Au début des années 1990, quand les promoteurs du solaire annonçaient le prix du kilowattheure (kWh) photovoltaïque, tout le monde rigolait : on était 10 fois au-dessus du tarit de l'électricité achetée à EDF. Quinze ans après, les coûts ont été divisés par deux ou trois, et plus personne ne se moque. Bientôt, on va nous prendre très au sérieux."
Philippe Malbranche, spécialiste des technologies solaires au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), est formel : "A terme, le solaire va s'imposer." Non par choix idéologique ou souci de l'environnement. Mais "parce qu'il sera économiquement le plus rentable".
Les projections de l'Institut national de l'énergie solaire inauguré cet été sur le parc de Savoie Technolac, où sont regroupées des équipes du CEA, du CNRS, du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et de l'université de Savoie, montrent qu'il ne s'agit pas d'une douce utopie. En France, selon que l'on réside au Sud ou au Nord - et que l'on bénéficie d'un ensoleillement annuel moyen de 1 800 ou de 900 heures -, l'électricité d'origine photovoltaïque coûte aujourd'hui, en considérant que l'installation est amortie en vingt ans, entre 25 et 5o centimes d'euros le kWh. Une dépense à comparer aux quelque 13 centimes d'euros, taxes comprises, facturés par EDF en option de base.
A 10 centimes d'euros le kWh, le solaire est concurrentiel
En 2010, la fourchette devrait descendre entre 20 et 40 centimes d'euros. En 2020, entre 10 et 20 centimes d'euros. Et, en 2030, les coûts devraient tomber en dessous de 10 centimes d'euros le kWh, que l'on habite à Lille ou à Marseille. "Nous pouvons nous tromper de dix ans. Mais le mouvement est inéluctable, est convaincu Philippe Malbranche. Or, à 10 centimes d'euros le kWh, le solaire est concurrentiel vis-à-vis de toutes les autres sources d'énergie."
Comment expliquer cette baisse continue des tarifs ? D'abord, par la multiplication des installations photovoltaïques, qui se partagent, avec les capteurs thermiques, le marché de l'énergie solaire. Deux technologies complètement différentes, puisque la seconde utilise directement la chaleur du rayonnement solaire, pour des chauffe-eau par exemple, tandis que la première transforme le même rayonnement en électricité, par le truchement d'un matériau semi-conducteur, le silicium, dont les électrons sont mis en mouvement par les photons de la lumière.
Le marché mondial des cellules photovoltaïques affiche une croissance insolente, proche de 40 % par an. Le Japon a été le premier à tracer la voie, à la fin des années 1990, avec une politique volontariste visant à couvrir la moitié de sa consommation électrique domestique à l'horizon 2030. Le pays du Soleil-Levant totalise aujourd'hui 40 % de la puissance mondiale installée, qui, fin 2005, atteignait 3,7 millions de kilowatts. L'Allemagne lui a emboîté le pas et presse aujourd'hui l'allure, pour devancer désormais l'archipel nippon en puissance cumulée.
La France dans le peloton de queue
Derrière, les Etats-Unis traînent les pieds, avec 13 % de la puissance mondiale installée. L'Europe ne fait encore que de la figuration, même si l'Espagne et les Pays-Bas montent en régime. La France, où le lobby nucléaire a longtemps fait la loi, reste dans le peloton de queue de la course solaire, avec moins de 1 % du total. Mais les récentes mesures fiscales décidées par le gouvernement - un crédit d'impôt de 50 % sur les nouveaux équipements et une hausse du tarif de rachat par EDF de l'électricité photovoltaïque, que les particuliers peuvent revendre jusqu'à 47 centimes le kWh et les communes 55 centimes - devraient booster la filière.
Si le solaire devient de plus en plus compétitif, ce n'est pas seulement en raison des économies d'échelle réalisées par les fabricants sur des productions en plus grande série. C'est aussi grâce aux progrès techniques dont bénéficient les installations photovoltaïques : moins de silicium - très coûteux - dans les cellules, des rendements améliorés, une intégration plus efficace dans les bâtiments.
Alors que le solaire thermique peut couvrir la moitié des besoins d'un pays comme la France en eau chaude, tout en assurant un complément de chauffage, le solaire photovoltaïque pourrait assurer 40 % de la consommation électrique nationale, estime Philippe Malbranche. Et jusqu'à 60 % dans les pays industrialisés bénéficiant à la fois d'un bon ensoleillement et d'un habitat peu concentré, ce qui permet de multiplier les surfaces réceptrices non seulement en toiture, mais aussi en façade. Dans ces conditions, l'énergie solaire a effectivement de beaux jours devant elle.
Revue "Sortir du nucléaire", n°33