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Dimanche 16 septembre 2007
Les abeilles s'éteignent par milliards depuis quelques mois. Leur disparition pourrait sonner le glas de l'espèce humaine.

C'est une incroyable épidémie, d'une violence et d'une ampleur faramineuse, qui est en train de se propager de ruche en ruche sur la planète. Partie d'un élevage de Floride l'automne dernier, elle a d'abord gagné la plupart des Etats américains, puis le Canada et l'Europe jusqu'à contaminer Taiwan en avril dernier. Partout, le même scénario se répète : par milliards, les abeilles quittent les ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre à proximité. Aucun prédateur visible, pas plus que de squatter pourtant prompt à occuper les habitats abandonnés.

En quelques mois, entre 60 % et 90 % des abeilles se sont ainsi volatilisées aux Etats-Unis où les dernières estimations chiffrent à 1,5 million (sur 2,4 millions de ruches au total) le nombre de colonies qui ont disparu dans 27 Etats. Au Québec, 40 % des ruches sont portées manquantes.

En Allemagne, selon l'association nationale des apiculteurs, le quart des colonies a été décimé avec des pertes jusqu'à 80 % dans certains élevages. Même chose en Suisse, en Italie, au Portugal, en Grèce, en Autriche, en Pologne, en Angleterre où le syndrome a été baptisé « phénomène «Marie-Céleste», du nom du navire dont l'équipage s'est volatilisé en 1872. En France, où les apiculteurs ont connu de lourdes pertes depuis 1995 (entre 300.000 et 400.000 abeilles chaque année) jusqu'à l'interdiction du pesticide incriminé, le Gaucho, sur les champs de maïs et de tournesol, l'épidémie a également repris de plus belle, avec des pertes allant de 15 % à 95 % selon les cheptels.

« Syndrome d'effondrement »

Légitimement inquiets, les scientifiques ont trouvé un nom à la mesure de ces désertions massives : le « syndrome d'effondrement » - ou « colony collapse disorder ». Ils ont de quoi être préoccupés : 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, ni pollinisation, et pratiquement ni fruits, ni légumes. « Trois quart des cultures qui nourrissent l'humanité en dépendent », résume Bernard Vaissière, spécialiste des pollinisateurs à l'Inra (Institut national de recherche agronomique). Arrivée sur Terre 60 millions d'année avant l'homme, Apis mellifera (l'abeille à miel) est aussi indispensable à son économie qu'à sa survie. Aux Etats-Unis, où 90 plantes alimentaires sont pollinisées par les butineuses, les récoltes qui en dépendent sont évaluées à 14 milliards de dollars.

Faut-il incriminer les pesticides ? Un nouveau microbe ? La multiplication des émissions électromagnétiques perturbant les nanoparticules de magnétite présentes dans l'abdomen des abeilles ? « Plutôt une combinaison de tous ces agents », assure le professeur Joe Cummins de l'université d'Ontario. Dans un communiqué publié cet été par l'institut Isis (Institute of Science in Society), une ONG basée à Londres, connue pour ses positions critiques sur la course au progrès scientifique, il affirme que « des indices suggèrent que des champignons parasites utilisés pour la lutte biologique, et certains pesticides du groupe des néonicotinoïdes, interagissent entre eux et en synergie pour provoquer la destruction des abeilles ». Pour éviter les épandages incontrôlables, les nouvelles générations d'insecticides enrobent les semences pour pénétrer de façon systémique dans toute la plante, jusqu'au pollen que les abeilles rapportent à la ruche, qu'elles empoisonnent. Même à faible concentration, affirme le professeur, l'emploi de ce type de pesticides détruit les défenses immunitaires des abeilles. Par effet de cascade, intoxiquées par le principal principe actif utilisé - l'imidaclopride (dédouané par l'Europe, mais largement contesté outre-Atlantique et en France, il est distribué par Bayer sous différentes marques : Gaucho, Merit, Admire, Confidore, Hachikusan, Premise, Advantage...) -, les butineuses deviendraient vulnérables à l'activité insecticide d'agents pathogènes fongiques pulvérisés en complément sur les cultures.

Butineuses apathiques

Pour preuve, estime le chercheur, des champignons parasites de la famille des Nosema sont présents dans quantités d'essaims en cours d'effondrement où les butineuses, apathiques, ont été retrouvées infectées
par une demi-douzaine de virus et de microbes.

La plupart du temps, ces champignons sont incorporés à des pesticides chimiques, pour combattre les criquets (Nosema locustae), certaines teignes (Nosema bombycis) ou la pyrale du maïs (Nosema pyrausta). Mais ils voyagent aussi le long des voies ouvertes par les échanges marchands, à l'image de Nosema ceranae, un parasite porté par les abeilles d'Asie qui a contaminé ses congénères occidentales tuées en quelques jours.

C'est ce que vient de démontrer dans une étude conduite sur l'ADN de plusieurs abeilles l'équipe de recherche de Mariano Higes installée à Guadalajara, une province à l'est de Madrid réputée pour être le berceau de l'industrie du miel espagnol. « Ce parasite est le plus dangereux de la famille, explique-t-il. Il peut résister aussi bien à la chaleur qu'au froid et infecte un essaim en deux mois. Nous pensons que 50 % de nos ruches sont contaminées. » Or l'Espagne, qui compte 2,3 millions de ruches, est le foyer du quart des abeilles domestiques de l'Union européenne.

L'effet de cascade ne s'arrête pas là : il jouerait également entre ces champignons parasites et les biopesticides produits par les plantes génétiquement modifiées, assure le professeur Joe Cummins. Il vient ainsi de démontrer que des larves de pyrale infectées par Nosema pyrausta présentent une sensibilité quarante-cinq fois plus élevée à certaines toxines que les larves saines. « Les autorités chargées de la réglementation ont traité le déclin des abeilles avec une approche étroite et bornée, en ignorant l'évidence selon laquelle les pesticides agissent en synergie avec d'autres éléments dévastateurs », accuse-t-il pour conclure. Il n'est pas seul à sonner le tocsin. Sans interdiction massive des pesticides systémiques, la planète risque d'assister à un autre syndrome d'effondrement, craignent les scientifiques : celui de l'espèce humaine. Il y a cinquante ans, Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l'homme : « Si l'abeille disparaissait du globe, avait-il prédit, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre. »

Paul Molga
par peaceandlover publié dans : Protection de notre environnement
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Dimanche 16 septembre 2007
Le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo a indiqué qu'il souhaitait mettre en place une haute autorité indiscutable sur les OGM, à l'issue du Grenelle de l'Environnement.

Sur les cultures en plein champ des organismes génétiquement modifiés, il s'est prononcé pour une transparence totale et responsable. Certains maïs posent problème, mais il ne faut pas mélanger la commercialisation d'un produit et la recherche qui peut sauver des vies, a-t-il ajouté.

Après un été particulièrement houleux où les anti et pro OGM se sont affrontés, le ministre de l'Ecologie avait déjà promis, qu'une loi sur les OGM serait mise à l'ordre du jour du Parlement à l'automne. Mais pour Agir pour l'Environnement, ces annonces bien tardives ne peuvent faire oublier que plus de 20.000 hectares ont été ensemencés sans que les ministres de l'agriculture et de l'écologie n'aient rien trouvé à y redire.

Une loi comme une haute autorité sur les OGM peuvent tout aussi bien être laxiste que protecteur des systèmes agraires existants et de qualité, estime l'association qui attend la mise en place d'un moratoire sur la culture en plein champ des organismes génétiquement modifiés.

Seule une loi entérinant un moratoire technique permettra de mettre un terme aux conflits opposant faucheurs et contaminateurs tout en évitant les pollutions génétiques des filières biologiques et de qualité, précise Agir pour l'Environnement.

www.actu-environnement.com
par peaceandlover publié dans : OGM
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Lundi 10 septembre 2007
Une vingtaine de ministres et de représentants des Affaires étrangères et de l'Environnement ont mené à Rio une réunion pour tenter d'accélérer la création d'une Organisation des Nations Unies pour l'Environnement (ONUE).

"Ce qu'on a réussi à faire pour le commerce avec l'OMC, on doit réussir à le faire pour l'environnement", a déclaré à l'AFP le ministre français du Développement durable, Jean-Louis Borloo, rappelant que l'initiative de ce projet revenait à l'ancien président Jacques Chirac.

"Le Brésil et l'Afrique du Sud ont pris le relais" et aujourd'hui des pays comme la Chine, l'Inde, la Russie et le Pakistan, plutôt réticents au départ sont à Rio de Janeiro, s'est-il réjoui.

"On travaille sur un texte de résolution portant création de l'Organisation des Nations Unies pour l'Environnement (ONUE) qui pourra être présenté à l'Assemblée générale de l'ONU dès cet automne", a précisé M. Borloo.

Dans son discours d'ouverture de la réunion de deux jours, le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, a souligné que "l'environnement était devenu une question d'Etat au Brésil".

Selon lui, il est "urgent" d'atteindre d'ici 2012 "une coopération internationale effective".

"La création d'une nouvelle organisation ou agence dans le système des Nations Unies, qui pourra résulter de cette réflexion, doit contribuer à la cohésion et à l'efficacité des instances existantes", a-il ajouté, appelant à être "audacieux et créatif" pour "ne pas perdre ce que nous avons déjà conquis" depuis le Sommet de la Terre en 1992 à Rio.

Il a insisté sur l'importance des "nouveaux partenariats Sud-Sud" sur l'environnement, citant les accords entre la Chine et le Brésil pour surveiller par satellite les déboisements et soulignant la baisse significative de la déforestation en Amazonie.

"Nous devons être créatifs et audacieux pour promouvoir des processus de décision non restreints aux Etats-Nation", a déclaré la ministre brésilienne de l'Environnement, Marina Silva. Elle a estimé que "le concept de développement durable avait évolué plus vite que son implantation", après Rio-92.

Outre le Brésil, les représentants des pays les plus actifs participent aux débats: Afrique du Sud, Allemagne, Antigua-et-Barbuda, Argentine, Chine, Costa Rica, Egypte, Etats-Unis, Russie, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Pakistan, Portugal, Kenya, Royaume-Uni, Sénégal et Venezuela.

AFP

par peaceandlover publié dans : Protection de notre environnement
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Lundi 10 septembre 2007
A l'approche du Grenelle de l'environnement, le Ministre de l'Ecologie envoie un certain nombre de ballons d'essai sur les OGM. Après un été particulièrement houleux où les anti et prOGM se sont affrontés, Agir pour l'Environnement constate que le laisser-faire qui teint lieu de politique en la matière déclenche une tension difficilement gérable.

Le ministre de l'Ecologie annonce, à grand renfort d'interviews, une loi sur les OGM qui serait mise à l'ordre du jour du Parlement à l'automne. La France, sous le coup d'une menace de sanction européenne pour non transposition de la directive 2001/18 relative à la dissémination d'OGM dans l'environnement n'a, de toute façon, pas le choix !

Dernièrement, Jean-Louis BORLOO a également annoncé la création d'une haute autorité sur les OGM. Ces annonces bien tardives ne peuvent faire oublier que plus de 20.000 hectares ont été ensemencés sans que les ministres de l'agriculture et de l'écologie n'aient rien trouvé à y redire. La profusion des annonces ne doit pas cacher l'attentisme des pouvoirs publics !

Par delà les effets d'annonces qui tendent à se multiplier, Agir pour l'Environnement attend du Grenelle de l'environnement des engagements fermes et précis sur le contenu de cette loi sur les OGM.

Agir pour l'Environnement ne se contentera pas de l'annonce d'une loi pour solde de tout compte. Une loi comme une haute autorité sur les OGM peuvent tout aussi bien être laxiste que protecteur des systèmes agraires existants et de qualité. Le ministre de l'Ecologie ne peut espérer clore le débat sur les OGM avec la seule annonce d'un projet de loi dont le périmètre demeure extrêmement flou. Seule une loi entérinant un moratoire technique permettra de mettre un terme aux conflits opposant faucheurs et contaminateurs tout en évitant les pollutions génétiques des filières biologiques et de qualité.

Agir pour l'Environnement espère que le ministre n'use pas d'un subterfuge dilatoire pour échapper au moratoire sur les OGM que les associations appellent de leur voeu.
par peaceandlover publié dans : OGM
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Dimanche 9 septembre 2007
La voiture n'étant pas écologique, autant apprendre à conduire "intelligent". Tout devrait nous y inciter : le réchauffement climatique, les maladies respiratoires, la hausse continue du prix du pétrole et donc du prix de l'essence à la pompe... D'ailleurs, chercher à atténuer une situation sanitaire et environnementale préoccupante n'est pas une mauvaise affaire. C'est l'occasion de réaliser quelques économies.

La cinquième Semaine de la mobilité, organisée en France du 16 au 22 septembre à l'initiative de la Commission européenne, vise à encourager les changements des comportements au volant. Et à nous faire découvrir l'"écoconduire".

Trois Français sur quatre utilisent chaque jour un véhicule. Or la circulation routière est responsable d'environ un cinquième des émissions de dioxyde de carbone (CO2), dont 12 % sont le fait des voitures particulières. Hélas, les améliorations techniques des constructeurs exigées par Bruxelles ne compensent pas l'augmentation du trafic ni le fait que les voitures sont de plus en plus lourdes. Au conducteur, donc, de limiter son empreinte écologique.

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a calculé que, lorsque les automobilistes abaissent leur vitesse de 10 km/h sur autoroute ou voie rapide, ils économisent 1 litre de carburant aux 100 km. Si les Français respectent les limitations en vigueur, par exemple de 130 km/h sur autoroute, ils économiseront chaque année 700 000 tonnes de carburant. Toujours selon l'Ademe, un automobiliste qui sollicite trop brutalement sa mécanique consomme 40 % de carburant en plus. De même, il faut veiller à ne pas utiliser systématiquement la climatisation, qui entraîne une surconsommation de 25 % à 30 % en ville et représente à elle seule de 10 % à 15 % des rejets de gaz à effets de serre.

Notre façon de conduire n'est plus adaptée aux technologies cachées sous le capot des voitures. Aussi, sur certains nouveaux modèles, un témoin lumineux indique désormais le moment le plus opportun pour passer une vitesse.

La France "très en retard"

La plupart des voitures sont désormais équipées d'un régulateur de vitesse, qui favorise la fluidité du trafic. Cet équipement permet de rouler sans à-coups, donc de consommer moins, mais ne doit pas pour autant inciter le conducteur à relâcher son attention.

Enfin, l'entretien régulier du véhicule et la vérification de la pression des pneumatiques contribuent également à réduire la consommation. Autres solutions à ne pas négliger : choisir les véhicules les moins polluants, opter pour les biocarburants... et pratiquer le covoiturage.

Jusqu'ici, on ne parlait pas de conduite "verte" en France. "Contrairement aux Pays-Bas, à la Finlande ou à la Suisse, nous sommes très en retard en matière de formation à l'écoconduite", affirme Elisabeth Couzineau, du cabinet Atlante Conseil. Un premier groupe de travail, créé en janvier avec la Sécurité routière, doit élaborer dans deux ans la première écoformation destinée aux auto-écoles.

En attendant, La Poste, qui utilise 42 000 véhicules, a déjà entrepris de sensibiliser ses facteurs à une conduite respectueuse de l'environnement. Quelque 400 facteurs suivent chaque semaine un stage. En attendant l'arrivée de véhicules électriques qui se substitueront progressivement aux Renault Kangoo à essence.



Treize conseils

1. Passer une vitesse le plus rapidement possible et quand le moteur atteint
un régime optimal.
2. Maintenir une vitesse stable.
3. Regarder loin devant pour anticiper le trafic.
4. Décélérer progressivement.
5. Couper le moteur lors des arrêts de courte durée.
6. Lors du démarrage du moteur, ne pas appuyer sur l'accélérateur.
7. A l'approche d'un virage, ralentir en relâchant lentement l'accélérateur
ou en freinant plutôt qu'en passant la vitesse.
8. Eviter les surcharges.
9. Eviter les coffres de toit et d'encombrer le toit du véhicule.
10. Contrôler la pression des pneus de sa voiture une fois par mois.
11. Limiter l'utilisation de la climatisation.
12. Utiliser, quand c'est possible, le régulateur de vitesse.
13. Et dès que cela s'y prête, marcher, pédaler, bouger !

Florence Amalou
par peaceandlover publié dans : Protection de notre environnement
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Dimanche 9 septembre 2007
Une fois encore, l'été aura été dominé, sur le terrain environnemental, par la question des OGM. La polémique a été nourrie par les actions des Faucheurs volontaires en réponse à la multiplication des cultures transgéniques (plus de 20 000 hectares de maïs cette année).

Elle a pris un tour dramatique quand un agriculteur du Lot, Claude Lagorse, qui cultivait en secret une parcelle de maïs transgénique, s'est suicidé la veille d'une manifestation prévue le 5 août dans son village de Girac par les anti-OGM. Rien ne permet d'attribuer ce drame à la question des OGM. Mais le retentissement qu'il a eu témoigne de la charge émotionnelle dont est devenu porteur le dossier.


Les Faucheurs volontaires ont poursuivi leurs actions, en cherchant, non pas à vandaliser les champs transgéniques, mais à prélever symboliquement des épis. Cependant, des personnes anonymes ont plusieurs fois détruit les parcelles de cultures de maïs génétiquement modifié. Inversement, des expérimentations menées par des agriculteurs biologiques, et visant à mesurer la contamination due aux OGM, ont été détruites, là aussi de façon anonyme.

Une partie du monde agricole a, de surcroît, manifesté son énervement : on a ainsi entendu Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, qualifier le 9 août d'"obscurantisme " la position des opposants aux OGM, la plate-forme des industries semencières a employé le même terme dans un communiqué du 24 juillet, et un autre responsable de la FNSEA, Dominique Barrau a parlé de "tribu africaine" à propos des Faucheurs.

De telles paroles ne risquent pas d'apaiser le débat. Mais elles paraissent à contre-courant d'une réalité qu'expriment les Faucheurs volontaires, quoi qu'on pense de la validité de leurs méthodes, ainsi que la Confédération paysanne, qui fêtait, les samedi 18 et dimanche 19 août, son 20e anniversaire : le refus par la société de se voir imposer des OGM dont elle ne voit pas l'utilité. Cette réalité est bien ressentie par les responsables politiques : les Faucheurs ont gagné une reconnaissance officielle en étant reçus, le 31 juillet, par la secrétaire d'Etat à l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. De son côté, l'Association des régions de France, qui représente les exécutifs régionaux, presque tous socialistes, a réaffirmé de manière vigoureuse, début juillet, son refus de voir les cultures d'OGM " imposées en force, sans la moindre consultation".

La question des OGM pourrait d'ailleurs prendre un tour politique plus large, en menaçant le bon déroulement du Grenelle de l'environnement. Au moyen de cette série de réunions avec les associations et les groupes professionnels, le gouvernement entend relancer la politique environnementale, tombée en jachère sous l'équipe précédente. Mais José Bové, la figure la plus visible des opposants aux OGM, reste susceptible d'être emprisonné d'un jour à l'autre pour de précédentes actions des Faucheurs volontaires. De surcroît, ayant prélevé un épi de maïs, le 5 août, à Murviels-lès-Béziers (Hérault), au milieu de deux cents autres manifestants, il s'attend à être convoqué à la gendarmerie de Béziers. Son incarcération - à laquelle il entend donner le plus grand éclat en menaçant d'entamer une grève de la faim - conduirait sans doute plusieurs des plus importantes associations à quitter le Grenelle, ruinant ainsi la crédibilité de celui-ci. Cependant, laisser M. Bové en liberté pourrait apparaître comme une confirmation supplémentaire de la légitimité de son action.

La situation ne serait pas devenue aussi inextricable si les gouvernements successifs n'avaient pas laissé, depuis des années, la situation s'envenimer. En n'imposant pas une procédure d'information des agriculteurs voisins en cas de cultures transgéniques ; en se retranchant en permanence derrière les avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) dont la neutralité scientifique est de plus en plus mise en doute ; en n'abordant pas de front la question de la coexistence entre agriculture transgénique et non transgénique ; en passant en catimini un décret - quelques jours avant les dernières élections nationales - permettant les cultures, alors que la loi qui devait le faire n'avait pu être discutée par le Parlement, les gouvernements ont agi de manière qu'il faut bien appeler hypocrite : laisser se développer les cultures OGM, sans jamais donner l'impression à une opinion publique très réticente qu'on les autorisait franchement.

Eventuels avantages

Cette attitude tranche singulièrement avec celle du gouvernement britannique : affichant clairement sa faveur pour les OGM, il a cependant su développer des expertises indépendantes et un débat public réellement ouvert. La situation a ainsi été dénouée - au détriment, certes, des cultures transgéniques.

La complication du dossier des OGM - incertitude quant à leurs éventuels avantages, leur éventuelle nocivité, leur réel intérêt économique - ne facilite pas la décision. Mais il est, en même temps, de plus en plus clair que la question transgénique symbolise le choix plus large d'une politique agricole. Soit une agriculture industrielle, fortement intégrée à l'industrie agroalimentaire, menée par un nombre restreint d'exploitants très performants - et les OGM rentrent dans ce cadre. Soit une agriculture moins intensive, cherchant davantage la qualité que la quantité, soucieuse du respect de l'environnement et de la santé, mais visant aussi à créer des emplois directs - et les OGM sont hors concours.

Refuser de trancher sur la question transgénique tout en les laissant s'imposer - et contaminer toute l'agriculture, affirment leurs opposants -, c'est de facto privilégier l'agriculture industrielle, c'est-à-dire le modèle hypersubventionné et polluant dont on voit aujourd'hui les limites. Il est significatif que la prudente Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), dans un rapport publié en mai, ait pris position en faveur de l'agriculture biologique. Faisant la synthèse des études scientifiques, la FAO écrivait : "L'agriculture biologique a le potentiel de satisfaire la demande alimentaire mondiale, tout comme l'agriculture conventionnelle d'aujourd'hui, mais avec un impact mineur sur l'environnement."

La logique voudrait que l'on écoute les agronomes et que l'on aille vers ce type d'agriculture mieux acceptée par les citoyens, moins coûteuse pour la collectivité et plus créatrice d'emplois. Mais ce serait, sans doute, déplaire aux industries et se libérer de l'obsession de la mondialisation agricole qui, au vrai, se développe surtout, pour ce qui est de l'Europe, au moyen de subventions. C'est en tout cas à ce choix que conduit la persistante querelle des OGM.

Hervé Kempf
par peaceandlover publié dans : OGM
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Lundi 3 septembre 2007
Nucléaire : accord Areva-Mitsubishi pour un réacteur nucléaire "de 3e génération" : enterrement de l’EPR. Il est donc grand temps d'annuler la construction de l'EPR de Flamanville.

Lundi 3 septembre 2007, le groupe nucléaire français Areva et le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) ont annoncé avoir signé un accord pour mettre au point un réacteur nucléaire "de 3e génération".
 
Cette annonce doit être comprise à sa juste valeur : c'est tout simplement l'enterrement du réacteur EPR, pourtant présenté depuis des années comme le fleuron de l'industrie nucléaire française.
 
En annonçant avec son partenaire japonais la mise au point d'un réacteur de 1000 MW, la multinationale Areva reconnaît implicitement que le pachydermique EPR (1650 MW) n'a aucun avenir, trop lourd pour être intégré à la plupart des réseaux électriques.
 
Recalé en Chine, l'EPR n'a été vendu qu'à un seul exemplaire, à la Finlande... qui s'en mord aujourd'hui les doigts : le chantier a plus de deux ans de retard et les pertes s'élèvent à 1,5 milliard d'euros... pour les français. Ce "score" scelle la mort de l'EPR dont plus personne ne veut désormais.

De fait, il apparaît plus que jamais nécessaire d'annuler la construction de l'EPR prévu à Flamanville (Manche).
 
par peaceandlover publié dans : Nucléaire
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Lundi 3 septembre 2007

moustique_uranium.jpgLes Africains encore spoliés par le nucléaire français

Le Réseau "Sortir du nucléaire" exprime sa plus grande surprise en prenant connaissance de l'accord sur l'achat d'uranium nigérien qui aurait été signé entre Areva et le gouvernement du Niger.

 

Ce dernier, il y a quelques jours encore, annonçait sa détermination à mettre un terme à une situation qui voyait depuis 40 ans Areva acheter à un prix dérisoire l'uranium nigérien.

 

Certes, le nouveau contrat prévoit que le prix de vente passe de 41 à 61 euros le kilo, mais cela reste extrêmement loin du cours mondial, qui a dépassé 180 euros le kilo... et va continuer à grimper. Par quel subterfuge la multinationale Areva parvient-elle encore à mettre la main à peu de frais sur l'uranium nigérien ?

 

Comment se fait-il que le gouvernement du Niger ne soit pas en capacité de se faire respecter ? A-t-il cédé devant des menaces françaises de rétorsion ? Ou bien est-il complice de la spoliation de son propre peuple ?

 

Le Réseau "Sortir du nucléaire" estime pour sa part que l'uranium ne devrait pas être exploité puisque c'est le combustible des centrales nucléaires, lesquelles peuvent occasionner des catastrophes comme celle de Tchernobyl et qui, dans tous les cas, produisent des déchets radioactifs qui vont durer des centaines de millier d'années.

 

Par ailleurs, les mines d'uranium sont une calamité pour l'environnement et pour la santé des mineurs et des populations environnantes, hier en France dans le Limousin, aujourd'hui au Niger ou dans les autres pays d'exploitation (Canada, Australie, Kazakhstan, etc)

 

Mais, si l'uranium est hélas exploité, la moindre des choses est alors qu'il soit payé à sa juste valeur aux Africains, lesquels ont été spoliés depuis trop longtemps par les puissances comme la France.

 

Il est néanmoins urgent que les peuples du Sud prennent acte que le nucléaire, qu'il s'agisse de vendre de l'uranium ou, pire, d'acheter des réacteurs aux "puissances nucléaires", met ou remet leurs pays en situation de dépendance économique, technologique et énergétique. Et donc politique.

 

Une nouvelle fois, le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que la meilleure chose qui puisse arriver aux pays du Sud est de se libérer de la tutelle des pays du Nord en devenant autonomes sur le plan énergétique. Ce n'est que par les énergies renouvelables que cela sera possible.

par peaceandlover publié dans : Nucléaire
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Dimanche 29 juillet 2007
Perrette avait dû leur dire adieu, et nous aussi, nous ferions bien de les oublier un peu, ces pauvres bêtes. En effet, nous aurions moins de nucléaire si nous mangions moins de viande. Si, si, c’est mathématique ! Démonstration.

Azote, alors !

Ceux qui ont en tête l’image bucolique de troupeaux paissant à l’ombre de grands arbres doivent mettre à jour leurs données. En France, l’élevage est industrialisé à 90 % et les animaux sont nourris à base d’une production agricole intensive (tourteaux, céréales, etc.) soutenue par des engrais qui n’ont rien de naturel : 52 % de tous les fertilisants chimiques azotés utilisés par l’agriculture française sont ainsi employés « au service » des seuls animaux. Ces fertilisants sont fabriqués par des industries polluantes et grandes consommatrices d’énergie : ce sont environ 15 milliards de kWh qui sont nécessaires pour les produire.

Quelle énergie, le boeuf…

La France entretient un cheptel d’environ 20 millions de bovins. La production d’aliments pour ces  animaux, le parc de machines nécessaires et les installations agricoles génèrent une importante
dépense énergétique dont le seul poste « électricité » peut être estimé à 1 milliard de kWh. Toutes énergies confondues, la production par les fermes d’élevage du 1,6 millions de tonnes de viande bovine produite en France en 2004 aura nécessité l’équivalent de 22 milliards de kWh. Sans oublier 2 autres milliards pour la transformation en produits consommables. Avec une telle surchauffe, on comprend mieux que la viande soit « rouge »…

Une incidence directe

Ces quelques chiffres montrent l’ampleur du poste énergétique « animal », même si l’évaluation exacte de la dépense énergétique totale de l’élevage en France reste à faire. Toute la dépense n’est pas de nature électrique, mais chacun sait que plus on aura besoin d’énergie, plus le nucléaire prendra de l’importance. Officiellement, en 2005, la France a produit 430 milliards de kWh d’électricité d’origine nucléaire, soit environ 7,5 milliards par centrale (sur la base de 58 centrales). En simplement additionnant les chiffres donnés ci-dessus (40 milliards, qui ne regroupent donc qu’une partie de la réalité), on aboutit à l’équivalent de production de plus de 5 centrales...

On sait que pour satisfaire une demande qui ne cesse de croître, la production nationale d’électricité a été multipliée par 3 depuis trente ans. Le type d’alimentation choisi a sa part de responsabilité dans cette augmentation. Entretenir un cheptel de plus de 300 millions d’animaux d’élevage et consommer près de 90 kg de viandes (toutes catégories confondues) par personne et par an ne contribue guère à faire baisser la facture énergétique.

Et les à côtés ?

Une attitude écologique doit être globale sous peine d’être inefficace. On ne peut oublier par exemple que 35 à 40 % du méthane généré par les activités humaines provient du bétail. A l’émission, le méthane est 62 fois plus puissant que le gaz carbonique en termes d’effet de serre. Mais il perd sa capacité de réchauffement plus rapidement. C’est pourquoi on pourrait stabiliser la concentration atmosphérique du méthane d’origine humaine en réduisant seulement de 10 % les émissions. Et il suffirait pour ça de diminuer d’1/4 à 1/3 sa consommation de viande (car l’élevage serait réduit d’autant, évidemment).

Oui, mais, alors… Faudra-t-il devenir végétarien ? Il n’y a pas de panacée pour sauver le monde ; il est juste nécessaire d’adopter une attitude logique consistant à faire des gestes allant tous dans le même sens. Réduire sa consommation de viande, le plus possible, est un de ces gestes qui participent à diminuer notre empreinte écologique, à réduire nos gaspillages énergétiques, et à construire un monde plus propre. Ce n’est pas anodin.


Revue "Sortir du Nucléaire" n°34
par peaceandlover publié dans : Nucléaire
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Samedi 28 juillet 2007
La promotion de l'énergie nucléaire comme solution au réchauffement climatique est peu judicieuse et pourrait aboutir à des conséquences extrêmement dangereuses, a prévenu un organisme indépendant de réflexion sur les questions de sécurité internationale.

L'énergie nucléaire émet peu de gaz à effets de serre, notamment de dioxyde de carbone, principaux responsables du réchauffement climatique. Dans un rapport intitulé "Energie sûre, nucléaire civil, sécurité et réchauffement climatique", l'Oxford Research Group affirme cependant que l'uranium nécessaire à ce processus n'est pas disponible en quantité suffisante sur la planète et que les puissances nucléaires seront donc tentées de retraiter du combustible nucléaire pour obtenir du plutonium. "Une multiplication des activités de retraitement et le commerce international de matériau à usage militaire qui en résulterait augmenteraient les occasions pour les Etats, les organisations criminelles et les terroristes d'acquérir du matériau à usage militaire", souligne ce rapport.

Dans une préface à ce document, l'ancien ministre allemand de l'Environnement et de la Sécurité nucléaire Jürgen Trittin écrit que le développement de l'énergie nucléaire conduira automatiquement à une prolifération menaçant la sécurité internationale. "L'une des pires idées, largement répandue dans le débat international, est l'appel en faveur d'un développement de l'énergie nucléaire comme moyen de préservation du climat", écrit Trittin.

"Cette recommandation est un exemple parfait de lutte contre un risque par le biais d'un risque encore plus élevé. Les risques liés à la prolifération et au terrorisme nucléaire aussi bien par des Etats que par des acteurs non étatiques sont tout simplement incontrôlables", ajoute-t-il.

Outre cet aspect, l'extraction et la purification de l'uranium contribuent à l'émission de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, même si les centrales nucléaires en émettent peu elles-mêmes, et il faudrait construire des milliers de réacteurs pour obtenir un effet significatif sur le changement climatique, relève l'Oxford Research Group.

L'énergie nucléaire fournit environ 80% de l'électricité consommée en France et de nombreux pays dans le monde paraissent tentés de suivre cet exemple. Les détracteurs du nucléaire affirment que les énergies renouvelables comme l'éolien, le solaire ou l'hydraulique sont moins polluantes, notamment au regard du danger posé à très long terme par les déchets nucléaires, et moins risquées en terme de sécurité. Le lobby nucléaire rejette ces arguments et assure qu'aucune énergie renouvelable n'a la capacité de production du nucléaire.

Seuls quelques pays, notamment la France, la Grande-Bretagne et le Japon, retraitent actuellement du combustible nucléaire. Une explosion de la demande d'énergie nucléaire pourrait cependant entraîner un brusque développement de ces activités dans le monde et déborder les procédures de contrôle, prévient le rapport de l'Oxford Research Group.

Parallèlement, le réchauffement climatique risque
de provoquer des inondations, des famines et d'autres perturbations favorisant l'instabilitépolitique dans les zones les plus vulnérables. "L'énergie nucléaire ne peut pas apporter une contribution importante à la réduction mondiale des émissions de dioxyde de carbone, tandis que ses effets sur l'insécurité mondiale et les risques de conflits catastrophiques et de terrorisme sont parfaitement connus", conclut ce rapport.

Revue "Sortir du Nucléaire" n°34
par peaceandlover publié dans : Nucléaire
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